Publié le 31/01/2014 à 08H00
L’opéra de Rouen s’est lancé dans l’aventure car son directeur Frédéric Roels y était particulièrement sensible l’ayant découvert en Italie. Pour la quatrième année, le théâtre des Arts présente un opéra participatif en intégrant dans le chœur le public ayant normalement donné un peu de son temps pour répéter la partition avec un CD d’apprentissage et lors de deux séances spécifiques. Six représentations spécialement montées pour les scolaires impliquent également plus de 4 000 enfants, du CE1 au collège.
Cette fois c’est Wagner qui a été choisi et une version raccourcie (1 h 10 au lieu de 2 h 30) du « Vaisseau fantôme » présentée vendredi, samedi et dimanche à l’opéra de Rouen. « 2 013 a marqué le bicentenaire de sa naissance. Il fallait trouver une œuvre pour se mettre à la portée des enfants, quelque chose qui ne soit pas trop copieux ou indigeste. Un concours européen a été lancé pour trouver l’adaptation et la mise en scène dans le cadre d’une collaboration de trois structures l’opéra de Rouen, le théâtre de Côme et celui de Magdebourg. Trente projets ont été présentés en 2012 et le jury international a retenu l’adaptation de Lucas Simon », justifie Frédéric Roels.
Plus de 4 000 enfants
Un jeune metteur en scène qui ayant déjà travaillé pour le jeune public a eu « une envie très forte d’adapter et de rendre accessible cet opéra pour les enfants sans faire du bébête ou du léger. Nous avons donc joué sur les ambiances, les costumes et les éclairages », explique Lucas Simon. Joué avec des extraits en Italien, Allemand et Français, « Le Vaisseau fantôme » déjà joué en Italie (le pays du participatif) y a remporté un très grand succès avec cent représentations dans 21 villes…
Mais comment couper une œuvre des deux tiers voire des trois quarts tout en conservant sa substantifique moelle ? « Pour couper il faut très bien connaître l’œuvre et je l’avais déjà travaillé. Il y a 17 coupures en tout » explique Lucas Simon.
Quant au jeune chef d’orchestre Julien Masmondet, très impliqué dans la pédagogie en tant que chef associé à l’orchestre de Paris, il s’est investi avec grand enthousiasme dans ce projet après avoir été « impressionné par le niveau des enfants quand je suis venu en spectateur voir L’enlèvement au sérail. » Pour Julien Masmondet, le Wagner fougueux des débuts en version courte est une première, et « nous sommes une équipe nouvelle mais qui a une folle envie de transmettre cet héritage classique. »
L’opéra participatif recueille un très bon écho auprès de l’éducation nationale. « On ne peut pas répondre à chaque fois à toutes les demandes émanant des établissements scolaires » précise Laurent Bondi, secrétaire général adjoint de l’opéra. Le succès est donc bien au rendez-vous pour cette initiative originale qui commence doucement à faire des émules en France.
Le projet rouennais de 2015 est déjà en route : il concernera un livret original qui donne lieu à un nouveau concours d’écriture, avec une musique composée par un musicien italien vivant en France, Matteo Franceschini, sur le thème « nourrir la planète ».
Le vaisseau fantôme
A l’opéra de Rouen les vendredi 31 janvier à 20 h, samedi 1er février à 19 h 30, dimanche 2 février à 11 h.
Tel 03 35 98 74 78.
Adapté
Le Vaisseau fantôme est une œuvre de jeunesse de Wagner composée en trois actes. Le capitaine d’un vaisseau hollandais est maudit et condamné à errer sur les flots jusqu’à la fin des temps. Il dispose seulement du droit de rallier la terre ferme tous les sept ans pour aller chercher sa compagne… L’adaptation de Lucas Simon fait la part belle au songe et à une atmosphère de conte, de nature à séduire le jeune public. Le metteur en scène donne le rôle principal à Senta, jeune héroïne qui explore un grenier et découvre des objets. Elle s’endort et est alors entraînée dans une extraordinaire aventure où un simple bout de bois peut vous transporter sur un navire de pirate…